• W. H. Perron

Les différentes techniques de bouturage

Mis à jour : avr. 1

Le bouturage permet de reproduire une nouvelle plante à partir d’un fragment de tige, de feuille ou de racine. Il est très efficace pour les plantes d’intérieur, mais également les plantes fleuries, les arbustes et les grimpants ainsi que les arbres comme le saule.



À talon, en crossette, de tige, de feuilles ou d’œil…, tous ces qualificatifs font référence à différentes techniques de bouturage. Voici un condensé des possibilités, pour vous permettre de vous y retrouver parmi tous ces types de boutures.


Le principe du bouturage

Le bouturage est un mode de multiplication végétative assez simple à réaliser et qui permet d’obtenir un pied identique à la plante mère (ce que l’on obtient pas forcément avec un semis). Le principe de base est le suivant : prélever un organe sur le végétal (le plus souvent, un morceau de tige) et le planter dans un substrat adéquat, léger et drainant. Plusieurs techniques existent, mais ne s’adaptent pas à toutes les plantes et à toutes les saisons.


La bouture dans l’eau

Bouturez dans l'eau, c'est facile!



Pour multiplier vos plus belles plantes, le bouturage dans l'eau réussit quasiment à coup sûr. C'est le moment d'essayer!


Quelles plantes choisir?

Les arbustes de jardin comme le laurier-rose, l’hortensia, l’oranger du Mexique, le fuchsia, la sauge et l’aucuba prennent racines aisément dans l’eau.

Vous obtiendrez aussi de bons résultats avec les plantes vertes comme le photos, le philodendron, le chlorophytum, le bégonia, le dracaena et le dieffenbachia.

Mais le saule et le papyrus demeurent les champions en la matière.


Comment préparer la bouture?

Opérez tôt le matin. À l’aide d’un sécateur, récoltez au sommet de la plante des tiges d’une quinzaine de centimètres.

Choisissez les plus saines, sans fleurs ni boutons. Coupez net juste en dessous d’une feuille. Ôtez à la main toutes les feuilles en partant du bas de la tige sur 5 à 10cm.



Quel récipient choisir et où l’installer?

Une petite bouteille d’eau, un vase à col étroit ou un bocal en verre fera l’affaire. Remplissez le récipient aux trois-quarts d’eau.

Pour un bon maintien, recouvrez le haut du contenant d’une feuille d’aluminium percée de petits trous.

Installez vos boutures à l’intérieur, au plus près d’une fenêtre orientée est ou ouest. Plein sud, tamisez la lumière avec un voilage.


Comment stimuler l’enracinement?

Rien ne vaut l’hormone de bouturage pour encourager la production de racines. Vendue en jardinerie, en poudre ou en gel, elle s’applique en une fois à la base de la bouture.

Vous pouvez aussi fabriquer vous-même ce bon fortifiant qu’est l’eau de saule. Maintenez l’eau propre en y ajoutant dès le départ un petit morceau de charbon de bois dans le récipient. Sinon, changez l’eau tous les quinze jours. Retirez toute bouture qui commencerait à noircir ou à pourrir.

• 5) A quel moment mettre la bouture en pot?

Comptez au minimum trois semaines d’enracinement. Les racines fines et blanches doivent mesurer plus de 4 cm et former un beau réseau. Utilisez un terreau de rempotage, tassez délicatement pour ne pas briser les jeunes racines et suivez de près l’arrosage. Installez le pot dehors à l’abri du soleil. Pour obtenir une plante plus fournie, pincez l’extrémité.


Certaines plantes émettent très facilement des racines lorsqu’on place une de leurs tiges vertes dans un verre d’eau. La méthode est simple et ludique, appréciée des enfants. Mais la reprise de la plante, une fois mise en terre, est parfois plus difficile que pour un bouturage classique.




Pour qui ? Les plantes d’appartement, comme le bégonia, le dieffenbachia, le philodendron, mais aussi le laurier-rose, le lierre, le papyrus, le saule

Quand ? Printemps/été.


La bouture de feuille



Il existe plusieurs façons de procéder (feuilles incisées, feuilles découpées) : lire Bouturage de feuilles.

Pour quelles plantes ? Cette technique est employée sur les plantes à feuilles charnues des plantes d’appartement, mais aussi sur les fuchsias, pourpiers, sedums

Quand ? Toute l’année pour les persistants.

La bouture simple (de tige)

La bouture de tige consiste à planter un tronçon de tige, effeuillé à sa base et coupé sous un nœud.

Quand ? Les boutures de tiges sont classées en fonction de la maturité des tissus : boutures herbacées, semi-aoûtées (semi-ligneuses) et aoûtées (ligneuses). Les premières sont faites au printemps ou au début de l’été, les deuxièmes à la fin de l’été, et les dernières à l’automne.

Pour quelles plantes ? La bouture simple convient à la plupart des plantes vivaces et annuelles, aux arbustes et aux arbres.

Les boutures herbacées s’enracinent très facilement, mais sont assez fragiles. On utilise cette technique pour les plantes difficiles à bouturer, les semi-rustiques, ou celles dont on veut obtenir un résultat rapidement, comme les fleurs à massif (fuchsias, géraniums, impatiens, penstemon, surfinia, et les verveines. Les boutures d’automne sont idéales pour les plantes aux feuillages persistants, car les risques de déshydratation dus au soleil sont passés.






La bouture de racine


Le prélèvement des boutures se fait sur les racines jeunes et ligneuses, c’est-à-dire celles qui peuvent émettre des bourgeons. Cette technique de bouturage est simple et ne demande pas de soins particuliers. Elle ne permet pas, cependant, d’obtenir beaucoup de boutures (au risque d’affaiblir la plante mère) et demande juste… de sortir la plante de terre !


Pour quelles plantes ? Cette technique est utilisée pour des plantes drageonnantes : des vivaces (Helianthus, Pavot, Phlox, Acanthe, Aconit, Anchusa, Anémone du Japon, la Crambe, la Gaillarde, Hélénium…) ou des arbustes (Lilas, Aralia, Rhus, Framboisier…) Ce sont les portions de racines prélevées le plus près du pied qui s’enracinent le mieux. Placer les boutures sous châssis ou sous une véranda peu chauffée en maintenant une ambiance très humide. Temps de reprise : environ quatre à cinq semaines. Fort pourcentage de reprise (plus de 80%). Pour les vivaces, la plante adulte est obtenue dans la saison.

Quand ? toute la saison de végétation, de mars à septembre.



1) Sélectionnez la portion de racine que vous désirez.

2) Nettoyez la portion racine, ne garder que des tissus sains .

3 et 4) Mettre en pot ou en bac.



La bouture en talon

La bouture en talon se fait sur un jeune rameau secondaire, auquel on a conservé l’empattement qui le réunissait à un rameau principal de l’année précédente. Ce talon ainsi obtenu correspond à une zone propice à la fabrication de racines. On accroît ainsi les chances de réussite de l’opération, mais le prélèvement du talon peut causer des dommages à la plante mère.



Pour qui ? Les plantes qui « font du bois » : vivaces semi-arbustives (romarin, lavande…), rosiers, arbustes (forsythia, lilas, sureau…), grimpants (clématite, vigne…), conifères (thuya, if… lire : bouturer les conifères) peuvent bénéficier de ce bouturage.


Quand ? Printemps, fin d’été ou automne.


La bouture en crossette

C’est une variante de la bouture à talon, à la différence que l’on conserve une section entière de 1,5 cm environ du rameau principal (ce qui donne à la bouture une forme de petite crosse).



Pour qui ? La méthode est surtout utilisée pour les plantes lentes à prendre racine, à tiges creuses ou à moelle, la lignine protégeant les tissus fragiles des champignons pathogènes : berbéris, figuier, spirée, sureau, vigne…

Quand ? Été, début d’automne.


La bouture d’œil

Elle se compose d’un petit morceau de rameau de l’année (2 à 5 cm de long) doté d’un œil axillaire (à l’aisselle d’une feuille), ce dernier ayant la possibilité de se développer et de former une tige. Cette technique permet d’obtenir plusieurs boutures sur une même tige, mais le développement de la bouture en plante est long.




Pour qui ? Essentiellement pour le camélia qui est lent à s’enraciner, mais aussi l’hortensia, le rhododendron, la vigne et les ronces (mûres).

Quand ? Fin d’été, début d’automne.


La bouture en plançon

C’est la bouture la plus rapide à réaliser : une branche droite coupée de biais et plantée directement dans le sol.

Pour qui ? Elle convient seulement aux arbres les plus conciliants, comme le peuplier ou le saule.

Quand ? Du milieu de l’automne au milieu de l’hiver, quand la plante est au repos végétatif.

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© 2016 W. H. Perron.

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